À la Restauration, ils furent des centaines à prendre leur plume pour solliciter la faveur d’être décorés de la Légion d’honneur. Tous n’obtinrent pas gain de cause, loin de là ! Mais leurs « lettres de motivation » sont toutes des petits bijoux. Les unes pour la qualité de l’écriture, les autres pour les faits relatés.

J’ai donc décidé d’en partager les meilleurs extraits avec vous pour ce Challenge A à Z 2018 !

Des larmes aux rires, de l’admiration à la moquerie, du 1er au 30 novembre (sauf les dimanches) voici un panorama de 26 demandes…

Sources : Archives nationales, Pierrefitte, O/3/827 à O/3/837.

Anson, ancien directeur de la comptabilité des fourrages de l’administration des subsistances militaires.

« [Le 19 juin 1792], un homme, au-dessus du commun, auquel j’avois rendu service lorsque j’étais à la feuille des bénéfices, vint me voir à 6 heures du soir chez Monsieur d’Affry et me prévint que le lendemain une députation du faubourg Saint-Antoine devoit aller au château pour poser le bonet de la liberté sur la tête du Roi et que les plus chauds patriotes seroient députés.

J’en frémis parce que les connoissances de cet homme dans ce faubourg ne me laissoient aucun doute sur l’exécution de cet horrible projet. Je le congédiai sous prétexte d’affaires pressées avec Monsieur d’Affry qui devoit sortir à 7 heures, à son habitude, en lui déguisant mes intentions.

Thomas Claude Beurlier, dit « le comte d’Azis », sous-gouverneur des pages de la chambre de Monsieur, frère du Roi.

« En juillet 1790, Monsieur ayant supprimé ses pages de la chambre, Monsieur le marquis de Noailles écrivit au Sieur d’Azis que Monsieur, en récompense de ses services, avoit daigné lui accorder une pension de 600 Fr., avec le remboursement de la finance deux 12 000 Fr. et la promesse de la 1re place vacante à sa convenance ; mais les malheureuses circonstances politiques qui sont survenues ont privé le sieur d’Azis de l’effet des bontés du prince : jusqu’en l’année 1818, il n’a pas touché la pension de 600 Fr., et il a reçu un assignat en remboursement des 12 000 Fr. presque nul.

Gervais-François Couperin, organiste de Louis XVI, dernier représentant de la célèbre dynastie de compositeurs et organistes.

« Couperin, dernier rejetton d’une famille qui depuis 200 ans, a servi de père en fils les Bourbons, a l’honneur de se présenter à vous, pour obtenir votre bienveillance auprès du Roy, pour qu’il veuille l’honorer de la décoration de la Légion d’honneur.

Le premier des Couperins, comme fait foy le Dictionnaire des beaux arts, a été organiste de Louis treize et ils se sont succédés de père en fils, sous Louis quatorze, Louis quinze et Louis seize, cette succession n’a fini qu’à la révolution de 1789. Cette ditte succession est une chose unique dans les arts.

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