Blog de Pierre-Valéry Archassal

Retrouver le domicile d’ancêtres à Paris avant 1926

Alors que toute la France a été couverte par des recensements nominatifs dès 1831 (même si certains existaient antérieurement et d’autres n’ont pas été conservés), la capitale en a été dispensée jusqu’en 1926.

Impossible, donc, d’utiliser cet outil pour localiser des Parisiens avant cette date. Il existe néanmoins plusieurs moyens pour retrouver le domicile d’ancêtres dans les rues de Paris depuis la nuit des temps. Ou presque.

Voici quelques conseils et suggestions...

Les sources directes

Tout d’abord, n’oubliez jamais que l’adresse d’une personne apparaît dans de nombreux documents. Dans les actes d’état civil, par exemple, où tous les lieux sont précisés, que ce soit pour une naissance ou un décès. Ne confondez pas, néanmoins, le lieu de l’évènement et le domicile de l’intéressé. On peut naître quelque part alors que nos parents habitent ailleurs, de même qu’on peut mourir dans un endroit différent de son domicile. Il faudra alors prendre soin de distinguer les deux lieux et créer autant d’évènements ad hoc dans notre logiciel de généalogie.

Pour les hommes, les fiches matricules militaires des 5 bureaux parisiens fournissent également une information précise sur le domicile du conscrit, à condition qu'il vive à Paris au moment de ses 20 ans. Dans une grande majorité de cas, c'est également l'adresse de ses parents chez qui il habitait toujours...

Pour la période prérévolutionnaire, les actes paroissiaux sont souvent moins précis (et plus rares à Paris depuis les incendies de la Commune) c’est pourquoi nous leur préfèrerons les archives notariales qui fourmillent de détails. Recherchez particulièrement les actes de notoriété, les inventaires après décès ou les partages qui précisent dans la plupart des cas le domicile des intéressés. Grâce aux inventaires après décès, j’ai souvent réussi à savoir non seulement à quelle adresse exacte était décédée telle ou telle personne mais parfois même dans quelle pièce de la maison elle a rendu son dernier souffle.

Les sources indirectes

Il ne faut pas négliger non plus les « sources indirectes » c’est-à-dire les documents qui ne concernent pas prioritairement la personne à laquelle nous nous intéressons mais son entourage. Et c’est ici l’occasion de rappeler à quel point il est important, en généalogie, d’étudier la parentèle de manière large et surtout pas de restreindre son champ de recherche aux individus dont nous descendons.

Pour connaître les différentes adresses d’un couple parisien, pensez donc à rechercher par exemple les actes de mariage de tous leurs enfants. Les parents seront toujours cités et localisés précisément, sans oublier les témoins qui peuvent être des frères, des sœurs, des oncles ou des tantes. Vous prenez alors conscience de la mine d’or que vous avez sous les yeux : en recherchant tous les actes de toute la parentèle élargie vous trouverez des informations sur vos ancêtres directs qui sont ici et là déclarants ou témoins. Cette méthode est également valable sous l’ancien régime avec le foisonnement des archives des notaires. Vous pourrez ainsi effectuer des regroupements familiaux et savoir qui vivait avec qui à chaque époque.

Pour aller plus loin

Comme pour le recensement, la ville de Paris présente la particularité que la levée d'un cadastre complet n'y a jamais réellement été exécutée avant la création du service dédié en… 1974. La capitale ne dispose donc pas de documents cadastraux comparables à ceux du reste du territoire, comme les plans ou les matrices. En revanche une autre source est disponible, trop méconnue : les calepins des propriétés bâties.

Dressés à partir de 1852 et actualisés en 1862, 1876 et 1900, ces calepins se présentent sous la forme d’un cahier par immeuble et sont classés dans l'ordre alphabétique des rues. Ils indiquent les noms et adresses des propriétaires, décrivent l'aspect extérieur de l'immeuble et donnent, étage par étage et appartement par appartement, la composition des logements (nombre et nature des pièces avec ou sans feu) et les noms et professions des divers locataires qui s'y sont succédé dans l'intervalle de deux révisions.

Les calepins des propriétés bâties ne doivent pas être confondus avec les sommiers fonciers qui concernent spécifiquement les propriétaires. Mais lorsqu'une personne possédait un immeuble entier, il n'est pas rare de trouver dans le sommier des informations sur les baux signés avec les locataires...

Et puis, pour les artisans et commerçants, n’oubliez pas le bottin du commerce, ancêtre des pages jaunes de l'annuaire du téléphone, qui donne leurs coordonnées professionnelles pouvant parfois être les mêmes que celles de leur domicile.

Avec toutes ces suggestions, que vous trouverez tant aux Archives de Paris qu’aux Archives Nationales et même sur le site Gallica, à vous de jouer maintenant en retrouvant l’ensemble des adresses où habitèrent vos ancêtres parisiens !

 

Illustration : « Huitième plan de Paris divisé en ses vingts quartiers » par Nicolas de Fer (1647?-1720), cartographe. Source Gallica.

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